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Parcours
Paris, capitale de la mode
P95
Yves Saint Laurent, le temps retrouvé
collection Paris Île-de-France
Entrez dans les coulisses de l'élégance parisienne et découvrez, en un siècle d'images, le lien privilégié que la capitale entretient avec la mode.


Au vrai chic parisien
Des films en costumes...
D'Elena et les hommes de Jean Renoir à Ridicule de Patrice Leconte ou L'Anglaise et le duc d'Eric Rohmer, de nombreux films en costumes rappellent la longue histoire qui lie Paris à la (haute) couture. Chapeautée, gantée, corsetée, vêtue de longues robes soyeuses, la Parisienne incarne en effet depuis plusieurs générations un modèle d'élégance, de luxe ou de frivolité, même hors de nos frontières où le chic parisien fait aussi rêver les femmes (Autant en emporte le vent de Victor Fleming).


... aux actualités cinématographiques
Dès 1910 et jusqu'à la fin des années 1970, les actualités cinématographiques, dans lesquelles de belles créatures arborent modèles et parures, constituent un véritable catalogue de la mode féminine et de son évolution. Chaque semaine, au fil des saisons, en temps de guerre comme en temps de paix, un reportage diffusé en avant-programme présentait en images aux spectateurs (trices) des salles de cinéma la dernière mode des gants et chapeaux, fourrures et maillots de bains, accessoires et robes de Paris. Reportages agrémentés parfois de judicieux conseils - un exercice de marche emprunté au théâtre pour lutter contre l'inconvénient des hauts talons (Mode à Paris au début du siècle) - ou… des rappels du législateur : un sujet des actualités Gaumont, en décembre 1913, fait état d'une ordonnance interdisant désormais le port des épingles à chapeaux sans protège-pointe !

Car la mode, de tout temps, a fait d'innocentes victimes, notamment parmi les représentants de la gent masculine, ce qu'à la même époque quelques courts métrages burlesques illustrent avec humour : ainsi le passage d'Une dame vraiment bien ne manque pas de provoquer des catastrophes en série... tandis que Polycarpe inspecteur de la mode s'emploie, mètre en main, à contrôler la longueur des jupes des dames dans les rues de la capitale.


... et à la télévision
Autres temps, autres moeurs : un reportage télévisé de Dim, Dam, Dom reviendra cinquante ans plus tard sur ce sujet brûlant : De la mini à la micro. D'autres aspects de la mode ont été abordés dans le cadre de ce magazine télévisé des années soixante, attentif à l'air du temps : découvrez-y une autre mini révolution, celle de Paris en pantalon, le mannequin anglais Twiggy à Paris, la mode masculine commentée par Roland Topor (Des hommes en fourrures), ou encore un défilé Cardin Courrèges présenté, à sa façon, par Jean Yanne…

Entre autres perles diffusées sur le petit écran à la même époque : une visite chez Le métallo de la mode, Paco Rabanne, créateur des célèbres robes en métal immortalisées par Françoise Hardy ; la définition de la mode par la grande Mademoiselle (Coco Chanel, série Cinq colonnes à la une) ou celle d'un jeune homme de trente ans nommé Yves Saint Laurent (Yves Saint Laurent répond à Coco Chanel, série Dim Dam Dom)…

La télévision, c'est aussi la publicité, et celle des collants Dim offre une parfaite image de la femme moderne, libre et séduisante, arpentant de ses grandes jambes les rues de Paris. Retrouvez ces clips et leur célèbre ritournelle dans une sélection des Publicités Dim 1970-1986.


Du sur-mesure au prêt-à-porter
Chez les grands couturiers
Certaines adresses suffisent à elles seules à évoquer le nom prestigieux qui s'y rattache : ainsi Christian Dior, avenue Montaigne ; rue Cambon, mademoiselle Chanel ; et Yves Saint Laurent, 5 avenue Marceau (cette adresse a donné son titre au film de David Teboul consacré à l'ultime collection de ce grand couturier : Yves Saint Laurent 5 avenue Marceau).

Arpentez aussi en images ce Paris de la mode, d'hier et aujourd'hui, à travers de nombreux portraits, de celui d'Azzedine Alaïa, réalisé par Robert Réa, à celui de Yohji Yamamoto, réalisé par Wim Wenders (Carnet de notes sur vêtements et villes). Parmi ces portraits : Monsieur Dior de Franck Maubert et Mathias Ledoux, John Galliano de Nigel Wattis, Concerto pour Balenciaga d'Antoine Gallien, Les folies de Fath de Pascal Franck, Jean-Paul Gaultier de Robert Réa, Cardin de Christian Mottier, Karl Lagerfeld de Pierre Desfons, Yves Saint Laurent de David Teboul, et bien-sûr Coco Chanel (Gabrielle Chanel, la permanence d'un style de Gilles Nadeau et Chanel Chanel d'Eila Hershon et Roberto Guerra)…


Les grands magasins
Ces prestigieuses maisons ne doivent pas faire oublier d'autres temples, plus démocratiques, que sont les grands magasins. Apparus au milieu du XIXe siècle, ils font aujourd'hui partie intégrante du paysage parisien et constituent, rive droite comme rive gauche, une étape obligée pour les touristes. Outre l'adaptation du célèbre roman de Zola réalisée en 1943 par André Cayatte (Au bonheur des dames), un documentaire rappelle leur naissance (Paris au temps de Zola 1851-1878), ainsi qu'un numéro de la série L'illustration consacré au premier d'entre eux (Le Bon marché), et un reportage sur l'épouse de son fondateur, Madame Boucicaut (Deux femmes de bien).

Les grands magasins sont aussi à l'honneur dans un épisode du célèbre feuilleton des années soixante Les saintes chéries (Eve et les magasins), dans Riens du tout de Cédric Klapisch et Bienvenue au grand magasin, passionnant documentaire de Julie Bertuccelli, sans oublier une savoureuse sélection de spots chantés des Publicités Samaritaine, de 1960 à 1981. Maurice Pialat y a filmé La Parisienne et les magasins, un film de commande, et Simone Signoret, suivie par William Klein, s'y mêle, le temps d'un reportage (Aux grands magasins), à la foule anonyme des clientes et des employées.


Haute couture et septième art
Costumes de couturiers
Mode et cinéma ont tissé de multiples liens : les cinéastes ont souvent fait appel à de grands couturiers pour les costumes de leurs films - comme Paul Poiret (Education de prince d'Henri Diamant-Berger), Coco Chanel (La règle du jeu de Jean Renoir), Christian Dior (La valse de Paris de Marcel Achard) -, donnant parfois naissance une relation privilégiée entre le couturier et son modèle, ainsi Yves Saint-Laurent et Catherine Deneuve (Belle de jour de Luis Bunuel), Hubert de Givenchy et Audrey Hepburn (Charade de Stanley Donen), Pierre Cardin et Jeanne Moreau (La baie des anges de Jacques Demy)…


La mode mise en scène
De nombreuses fictions ont également pris ces milieux de la mode pour sujet, s'attachant aux destinées de mannequins ou de couturiers : ainsi La mode rêvée de Marcel L'Herbier, prétexte à présenter les modèles des années trente, Scandale aux Champs-Elysées de Roger Blanc avec Jacques Fath dans un petit rôle, On demande un mannequin de Tony Lekain, Paradis perdu d'Abel Gance et Falbalas de Jacques Becker avec Micheline Presle. Ou encore, sur un mode humoristique, Le couturier de ces dames de Jean Boyer avec Fernandel en créateur inspiré, et Qui êtes-vous Polly Magoo ? de William Klein.


Regards de cinéastes
Enfin, par jeu de miroir, des cinéastes se sont à leur tour confrontés, en tant que gens d'images, à cet univers de la création vestimentaire, posant comme Jean-Luc Godard (On s'est tous défilé), Wim Wenders (Carnet de notes sur vêtements et villes), William Klein (In and out of fashion) un regard extérieur - amusé, fasciné, critique ou complice - sur ce monde de la mode et sur d'autres créateurs.


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décembre 2003

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