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Parcours
François Périer
P42
Cadet Rousselle d'André Hunebelle
collection Paris Île-de-France
Le comédien François Périer (1919-2002) laisse derrière lui une centaine de personnages auxquels il donna vie, durant quelques soixante années de carrière.


Un comédien aux registres multiples
 
En comédien complet, François Périer partage son temps entre théâtre et cinéma, naviguant entre le registre populaire et le milieu intellectuel parisien. Il est autant à l'aise dans les mises en scène de Jean Boyer ou de Christian-Jaque que sur les planches lorsqu'il interprète des textes d'Arthur Miller ou de Jean-Paul Sartre.

A ses débuts, François Périer, alors fraîchement reçu au Conservatoire, trouve au cinéma de nombreux seconds rôles auxquels il parvient à donner une véritable existence. En 1938, il joue un journaliste dans La fin du jour de Julien Duvivier puis un homosexuel dans Hôtel du Nord de Marcel Carné, aux côtés de Louis Jouvet et Arletty. Il travaille également avec Michèle Morgan, Andrex et Fréhel dans L'entraîneuse d'Albert Valentin. La même année, il triomphe au théâtre dans Les jours heureux, pièce qu'il adaptera au cinéma en 1941.Grâce à son physique agréable et à la sympathie qu'il inspire naturellement, de nombreux rôles de jeunes premiers lui seront proposés : le personnage de Jacques dans Le silence est d'or (1946) de René Clair, celui de l'auteur de billets enflammés dans Lettres d'amour (1942) de Claude Autant-Lara…

Sa capacité à donner vie à tous ces personnages lui permet ensuite d'interpréter des rôles plus diversifiés dans lesquels il se montre tout aussi convaincant. François Périer est ainsi le frère complice d'une femme infidèle dans Jean de la lune (1948) de Marcel Achard, puis Coupeau, ivrogne mal-aimé par sa femme, dans Gervaise (1955) de René Clément, film inspiré de L'assommoir d'Emile Zola. Son interprétation de l'ange Heurtebise dans Orphée de Jean Cocteau en 1949, puis dans Le testament d'Orphée réalisé dix ans plus tard, reste dans les mémoires comme un de ses plus grands rôles.

La richesse de son jeu d'acteur permet à François Périer un éclectisme surprenant et lui offre l'occasion d'apporter sa touche à beaucoup d'autres grands films tels que Les nuits de Cabiria (1956) de Federico Fellini, Le samouraï (1967) et Le cercle rouge (1970) de Jean-Pierre Melville, Stavisky (1974) d'Alain Resnais, Z (1968) de Constantin Costa-Gavras ou encore Max et les ferrailleurs (1970) de Claude Sautet.


Un homme de parole
 
Mémoires pour Simone : un bel hommage à celle qui fut son amie de longue date
François Périer est presque aussi célèbre pour le timbre particulier de sa voix que pour ses qualités de comédien. Il assure le commentaire du film de Julien Duvivier Sous le ciel de Paris (1951), de Bonjour Paris de Jean Image en 1952, ainsi que de plusieurs autres fictions et documentaires.

Chris Marker fait appel au comédien à de nombreuses reprises pour que celui-ci accompagne de sa voix les documentaires qu'il réalise. Ils travaillent ensemble sur Le fond de l'air est rouge, documentaire en trois parties réalisé en 1977 (et remonté par le réalisateur vingt ans plus tard), retraçant l'histoire des mouvements de gauche à travers le monde de 1967 à 1977. Puis sur Mémoires pour Simone (1986) où ils dessinent ensemble un tendre et juste portrait de Simone Signoret, émouvant hommage à leur amie commune. Ses multiples collaborations avec Chris Marker (notamment pour le documentaire 2084 réalisé pour la C.F.D.T. en 1984), son engagement à gauche avec son amie Simone Signoret, ou encore sa participation à la grève des comédiens en 1975, ont fait de François Périer un véritable acteur de la vie parisienne.

Les différentes rencontres et collaborations qui jalonnent sa carrière de comédien sont pour lui les déclencheurs d'une prise de conscience des réalités sociales qui l'entourent. A ce propos, le comédien évoque ses relations avec Louis Jouvet et Jean-Paul Sartre, comme deux des personnalités les plus marquantes dans la construction de sa conscience politique : "Sans Sartre, je serais resté un acteur de boulevard, et un homme sans conscience politique", confie-t-il au quotidien Le Monde.

La vie de François Périer fut aussi riche que sa carrière. C'était un grand acteur et un homme de cœur que l'on n'oubliera pas, tant dans le monde du cinéma que dans sa ville d'origine, Paris.


En écho
Sur le site du Forum des images
Le Paris de Chris Marker, par Bamchade Pourvali

 

Le Paris de Jean-Pierre Melville, par Franck Garbarz

 

Le Paris de Louis Jouvet, par Olivier Barrot

 

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juillet 2002
mise à jour 28 novembre 2008

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