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Parcours
Paris noir
P103
Aimé Césaire, une voix pour l'histoire
collection Paris Île-de-France
Qu'elle soit africaine, antillaise ou américaine, la communauté noire qui a peuplé Paris tout au long du XXe siècle a inspiré de nombreuses fictions et documentaires, témoignages de chaque épisode de son histoire dans la capitale.


Histoire du Paris noir
A travers diverses approches thématiques, retrouvez les grands axes de l'histoire du Paris noir. Au cinéma, cette histoire commence à la fin du XIXe siècle avec les premiers films tournés à Paris par les frères Lumière...


Le temps des colonies
L'image des Noirs dans le Paris colonial
Zoos humains
Lors de l'Exposition universelle de 1878 s'ouvrent les premiers zoos humains du jardin d'Acclimatation. Les foules se pressent pour voir quatre cents figurants noirs reconstituer des scènes de vie de villages africains. Ces spectacles ethniques se tiendront régulièrement jusqu'en 1931. Des centaines de milliers de personnes y seront exhibées telles des "bêtes curieuses". L'image de l'homme noir, lors de ces mises en scènes, est celle d'un sauvage bestial et monstrueux, à l'opposé d'un monde occidental "raffiné" et "civilisé".

On retrouve des images de ces scènes dans Village noir au jardin d'Acclimatation de Paris et Loisirs et fêtes populaires à Paris, des petits films réalisés, en 1896, par les frères Lumière pour un public avide "d'exotisme". Il faudra attendre 2002 pour que Pascal Blanchard et Eric Deroo réalisent Zoos humains, un documentaire traitant de cet épisode sombre et méconnu de l'histoire qui explique comment ces exhibitions racistes ont évolué au gré des politiques coloniales.

Durant la Première Guerre mondiale, 193 000 Noirs, dont 180 000 tirailleurs sénégalais, sont recrutés par l'armée française. Le regard porté sur les Noirs va alors se modifier : le courage et la loyauté dont ils feront preuve sur le front les rapprocheront des Français et attireront leur sympathie. Comme le souligne Pascal Blanchard dans Le Paris noir, "à l'image du sauvage et du cannibale tend à se substituer celle du "bon nègre", courageux, doux, sociable, rieur et docile, grand enfant naïf que la publicité s'empresse de diffuser sur les murs", notamment à travers les célèbres affiches Banania.


Paris, espace de liberté
Joséphine Baker dans Hallucinations d'un pompier
Au lendemain de la guerre, Paris est à la fois le point de rencontre, l'espace d'expression privilégié et la ville de toutes les avancées pour les Noirs. C'est à Paris que se tient, en 1919, le premier congrès panafricain présidé par W.E.B. Dubois, le chef de fil de la NAACP (Association nationale pour le progrès des gens de couleur), et qu'en 1921 un écrivain noir, le Guyanais René Maran, remporte le prix Goncourt. C'est encore à Paris qu'en 1924 le premier athlète noir, l'Américain William De Hart Hubbard, est médaillé d'or aux Jeux olympiques. C'est aussi là que se monte Jazz Hot, la première revue de jazz en 1935, que des Noirs entrent au gouvernement et qu'un comédien noir (Habib Benglia) joue un vrai rôle au théâtre.

Dans le Paris des années folles, l'esthétique "nègre" séduit de plus en plus et, en 1925, est organisée la première exposition d'art nègre (un art qui influença beaucoup les cubistes et les fauves au début du siècle). La même année, le public parisien est enchanté par la Revue nègre qui se joue au théâtre des Champs-Elysées, et plus particulièrement par sa danseuse vedette, Joséphine Baker. C'est le début d'une grande histoire d'amour entre Paris et l'artiste qui s'installera dans la capitale et en deviendra une des reines de la nuit (quelques années plus tard elle chantera "j'ai deux amours, mon pays et Paris"). Ses débuts dans la Revue nègre et sa vie à Paris sont évoqués dans les documentaires The Josephine Baker Show (1964) et Joséphine Baker (1967).

D'autres artistes afro-américains suivront Joséphine Baker : des peintres (Loïs Malou Jones, Henry Ossawa Tanner), sculpteurs (Augusta Savage, Nancy Elisabeth), poètes (Langston Hughes) et romanciers (Claude Mc Kay) trouveront à Paris le lieu où se prolongera la "renaissance nègre" de Harlem. Ils apprécieront particulièrement de pouvoir y mener une vie "normale" en y trouvant une liberté et une absence de ségrégation qu'ils ne connaissent pas aux Etats-Unis.

C'est l'époque de l'explosion du jazz : le public parisien découvre Louis Armstrong, Bessie Smith ou encore Fats Waller. Dans les "bals nègres", on se déhanche au rythme du charleston, de la biguine et de la rumba. Témoignage de cette époque, le documentaire Ernest Leardée ou le roman de la biguine (1987) dresse le portrait de ce musicien martiniquais, fondateur en 1930 du premier "bal nègre" parisien, rue Blomet, et ancien membre du "Stellio's Band" qui popularisera la biguine en France.


L'Exposition coloniale de 1931
L'exposition coloniale de 1931 et la mode
Le Paris des années trente reste, avant tout, la capitale du deuxième empire colonial. La grande exposition coloniale de 1931 présente un "village nègre" où 1 500 figurants africains se produiront devant plusieurs millions de visiteurs venus du monde entier. On retrouve des images de la construction et de l'inauguration de l'exposition dans deux petits reportages des actualités américaines d'Universal (Universal Newsreel 1930-1932), tandis que le film amateur Exposition coloniale de 1931 offre un panorama de ses divers pavillons et montre des figurants africains exécutant un spectacle de danse.

L'exposition sera cependant boycottée par la grande majorité de la diaspora noire de Paris et violemment critiquée par de nombreux intellectuels français, parmi lesquels Gide, Eluard, Breton ou Aragon. Une contre-exposition intitulée La vérité sur les colonies sera même organisée. On assistera, au cours des années suivantes, à une baisse d'intérêt pour les expositions coloniales.

Comme le souligne Pascal Blanchard, le Paris de cette époque occupe une position paradoxale : "Des Antilles aux Etats-Unis, de l'Afrique à Madagascar, le nom de Paris résonne comme un double symbole d'oppression coloniale et de libération communautaire."


Jazzmen, écrivains, intellectuels
Aimé Césaire, une voix pour l'histoire
Lors de la Seconde Guerre mondiale, la France enrôle à nouveau des tirailleurs africains (environ 64 000) pour combattre dans ses rangs. Pendant l'Occupation, l'immigration noire vers Paris diminue, mais la vie continue sans problèmes majeurs pour la communauté noire, peu inquiétée par les Allemands et toujours très présente dans les nuits parisiennes.

Après la Libération, on assiste à l'arrivée d'une nouvelle vague d'artistes afro-américains, parmi lesquels de nombreux jazzmen, dont Sidney Bechet et Kenny Clarke. Paris voit fleurir de nombreuses boîtes de jazz. Le court documentaire Le jazz à Paris (1965) passe en revue les plus célèbres clubs des années soixante : la Cigale, le Living room, le Caveau de la Huchette, le Blue Note... En 1962, deux reportages portant le même titre, Harlem sur Seine, dressent le portrait de ces musiciens afro-américains qui ont adopté Paris et y ont recréé l'ambiance des soirées de Harlem.

Dans Un sang d'encre (1997), le réalisateur Blaise N'Djehoya vient à Paris sur les traces des écrivains afro-américains Richard Wright, Chester Himes et James Baldwin. Le documentaire biographique James Baldwin (1989) évoque en partie l'épisode parisien de la vie du romancier.

A cette époque, les étudiants et les intellectuels noirs résidant à Paris, avec en tête Léopold Sédar Senghor et Aimé Césaire, commencent à développer une pensée anticolonialiste. Le documentaire d'Euzhan Palcy Aimé Césaire (1995) retrace la vie et les combats de ce dernier et offre un bel aperçu de l'histoire du Paris noir. En 1947, le Sénégalais Alioune Diop fonde la revue Présence africaine, vivier de l'expression d'une identité et d'une pensée noires, jusque-là ignorées par la France. Au même moment, les mouvements nationalistes s'intensifient en Indochine, aux Antilles, au Maghreb et en Afrique noire. Ce sont les prémices de la lutte de ces peuples pour leur émancipation, obtenue dès les années cinquante pour certains.


Les années 1960-80
Une immigration de travail
Un dessert pour Constance
Après l'indépendance des colonies, l'immigration noire à Paris va changer de forme. Il y a toujours des exilés politiques, des intellectuels ou des étudiants, mais c'est avant tout une immigration économique. Au début des années soixante, la France connaît une période de croissance et a besoin d'une nouvelle main-d'œuvre, qu'elle recrute principalement en Afrique et aux Antilles. De nombreux immigrés viendront tenter leur chance à Paris, ville qui leur offre de nombreuses opportunités de travail.

La population immigrante africaine est, au départ, principalement composée de Maliens, de Sénégalais et de Mauritaniens fuyant la misère de leur pays. Ils sont suivis quelques années plus tard par des Ivoiriens, des Dahoméens (Béninois), des Burkinabés et des Camerounais. C'est une population masculine venue travailler à Paris, quelques années, pour gagner un peu d'argent et repartir au pays. Elle exerce des tâches peu qualifiées : balayage des rues, ramassage d'ordures, nettoyage du métro... Le téléfilm Un dessert pour Constance (1981), émouvant et drôle, traite de manière originale le problème des travailleurs immigrés à travers l'histoire cocasse d'éboueurs africains trouvant un livre de recettes de cuisine qui va les aider à sauver leur ami malade.

La population en provenance des DOM-TOM est principalement originaire de Martinique, de Guadeloupe et de Guyane. Sa situation est différente de celle des Africains puisqu'elle bénéficie de la "migration administrative sélective" mise en place en 1960 par les autorités françaises. Celle-ci leur permet d'avoir une situation professionnelle plus stable et plus confortable en leur donnant accès à des postes au sein des services publics : hôpitaux, PTT, RATP, police…


Désillusions et précarité
Paris est en réalité moins accueillant qu'espéré pour les travailleurs africains qui doivent faire face à une série de désillusions. Dans Ibrahima (1966), Max Zelenka filme les déambulations d'un jeune balayeur noir dans les rues de Paris. Ce documentaire souligne l'ingrate condition de "l'Afrique à Paris", confrontée à la solitude, à l'indifférence et au racisme.

Ces immigrés aussi font très rapidement l'expérience de la précarité. Ils occupent souvent des emplois à salaire très bas, gagnent à peine de quoi vivre et peuvent donc difficilement aider leurs familles restées au pays. Dans le très beau documentaire poétique Paris des négritudes (1970), des immigrés africains racontent leurs conditions de vie misérables, leurs difficultés d'adaptation et d'intégration. Ils expriment un grand sentiment d'amertume envers une France qui leur montre peu de respect et de reconnaissance.


Des conditions de vie désastreuses
Ouvriers noirs de Paris
Dans Ouvriers noirs de Paris (1964), Jacques Krier suit les premiers pas d'un jeune Malien, de son arrivée à Paris jusqu'à son premier emploi dans une usine. Ce reportage est aussi une enquête sur les conditions de vie et de travail des immigrés africains dans la capitale. Il fait état de la vétusté de leurs habitations, que des propriétaires sans scrupules leur font payer au prix fort. Il montre également la grande solidarité qui unit ces travailleurs. Souvent issus des mêmes villages, ils se regroupent et s'entraident : ceux déjà installés à Paris hébergent les nouveaux arrivants et se cotisent pour leur assurer de quoi vivre jusqu'à leur premier travail.

L'accueil d'un nombre croissant de ces immigrés devient rapidement problématique puisque Paris ne se dote pas d'infrastructures pour les loger. Les travailleurs africains, en particulier, vivent souvent dans des logements insalubres, des entrepôts, des caves ou des taudis. Ils sont entassés à plusieurs dans une seule pièce, parfois sans chauffage ni eau courante.

Suite à un mouvement de protestation, des foyers d'accueil seront construits pour pallier le problème. Durant les années quatre-vingt, ils deviendront le principal mode de logement des travailleurs africains de Paris, qui y recréeront la vie de leurs villages. Mais ils seront hélas construits en nombre insuffisant et leurs occupants se trouveront rapidement confrontés à de nouveaux problèmes de surpopulation et de dégradation. Le reportage Un Malien d'Ivry (1970) dénonce leurs conditions de vie désastreuses. Le réalisateur y filme une manifestation de travailleurs maliens qui, suite à la mort de plusieurs d'entre eux dans l'incendie de leur foyer, réclament de meilleures conditions de vie. Ces mouvements dans les foyers vont prendre de l'ampleur et des grèves des loyers seront menées en 1973 et en 1975. Diverses actions pour obtenir de meilleures conditions de travail auront aussi lieu (la grève des éboueurs de 1974 et celle des nettoyeurs du métro parisien de 1980).


Paris, terre promise
Bako, l'autre rive
Pourtant, de nombreux Africains en quête d'une vie meilleure, peu conscients et mal informés des difficultés de leurs compatriotes, continueront à affluer vers l'Eldorado que représente Paris. Entre documentaire et fiction, Un cœur gros comme ça (1962) suit un jeune Sénégalais qui réalise son rêve en venant à Paris pour y devenir champion de boxe. Le jeune homme parle de sa passion et de ses ambitions dans un Paris idéalisé et poétique. Plus ancré dans le réel, Touki-Bouki (1973) raconte l'histoire de deux jeunes Sénégalais qui rêvent de se rendre à Paris et dénonce, avec une certaine amertume, le prestige dont l'ex-puissance coloniale qu'est la France jouit encore dans les années soixante-dix.

1974 est l'année de la loi sur l'arrêt de l'immigration. Seuls le regroupement familial et le droit d'asile sont autorisés. Cela aura pour conséquence la féminisation de la population immigrée avec l'arrivée des épouses et la scolarisation des enfants. Dès lors, des familles entières vont se retrouver confrontées à des problèmes de précarité et de plus en plus de travailleurs vont commencer à abandonner l'idée du retour au pays. L'immigration devenant illégale, on assiste aussi bientôt au développement d'une immigration clandestine. C'est le sujet de Bako, l'autre rive (1978), un très beau film de Jacques Champreux sur le drame de l'immigration clandestine, qui suit le périple d'un jeune paysan malien et de son ami guinéen décidés à gagner Paris, pour eux terre promise. Les deux héros ne rencontreront que voleurs, marchands de rêve et passeurs âpres au gain.

Dans un tout autre registre, la comédie La vie platinée (1987) raconte l'histoire d'une troupe de musiciens et de danseurs d'Abidjan invitée à se produire à Beaubourg. Pour que le rêve devienne réalité, les artistes doivent réunir l'argent du voyage et vaincre les réticences de leurs familles. Un film joyeux qui offre de Paris la vision idyllique d'une terre promise.


La montée de la xénophobie au début des années 1980
Au début des années quatre-vingt, dans un contexte de crise économique et de montée du chômage, on assiste à la recrudescence d'un sentiment xénophobe envers les immigrés dont la venue en France est perçue comme une invasion. Leur culture autrefois considérée comme "exotique" est dévalorisée. Comme l'explique Pascal Blanchard, "des problèmes comme les mariages forcés, la polygamie et l'excision sont mis en avant pour démontrer l'incompatibilité entre les traditions culturelles africaines et les principes républicains et donc le caractère "inassimilable" des immigrés africains". Des idées exploitées par le parti du Front National qui fait une percée aux élections municipales de 1983. En réaction à ce phénomène, le mouvement SOS Racisme va émerger et rassembler beaucoup de jeunes. Le documentaire Vive la Concorde (1987) retrace son histoire.


Racisme et discrimination au logement
L'oeil au beurre noir
Si les Antillais sont beaucoup moins victimes des problèmes d'intégration et de racisme que les Africains, ils y sont tout de même confrontés. Deux courts métrages de Julius-Amédé Laou en témoignent : le premier, Solitaire à micro ouvert (1983), relate l'histoire d'un jeune Antillais dont le frère est victime d'un meurtre raciste. Il prend en otage les animateurs d'une radio antillaise afin d'y crier sa douleur. Le second film, Mélodie de brumes à Paris (1984), suit un Antillais obsédé par ses souvenirs traumatisants de la guerre d'Algérie. Il est confronté lors de son errance nocturne dans Paris au racisme, à l'indifférence et à la drogue.

Les Antillais ne sont pas non plus épargnés par la discrimination au logement. C'est le sujet du film L'oeil au beurre noir (1987), qui raconte l'histoire d'un Beur et d'un Antillais désireux de louer un appartement à Paris et se heurtant, en raison de leur origine, au refus systématique des propriétaires. Sur un thème similaire, C'est déjà loué (1981) traite des difficultés que rencontrent les étudiants, surtout étrangers, à trouver un appartement, à travers des témoignages d'étudiants essentiellement africains, et grâce à l'enquête menée en caméra cachée par une jeune Antillaise auprès d'agences immobilières.


Problèmes d'intégration
Deux documentaires très complets témoignent des difficultés rencontrées par les immigrés africains en France. Noir sur blanc : le défi multiracial (1985) montre la vie quotidienne de la communauté noire africaine à Paris. Des artistes, des ouvriers, des journalistes et des commerçants témoignent des problèmes de racisme, de déracinement et d'intégration, ainsi que de leur désir de transmettre leur culture à leur pays d'accueil. Toumouranke (1993) est essentiellement composé de témoignages d'Africains vivant à Paris, récemment arrivés en France ouprésents depuis une ou plusieurs générations. Ce documentaire souligne la dualité de leur condition, partagée entre le maintien des traditions et une volonté d'intégration.

Le reportage L'argent aux Noirs (1988) fait figure d'exception, puisqu'il est consacré à des exemples d'intégration réussie. Il dresse le portrait de quelques immigrés d'Afrique noire (un PDG, un manager d'artistes, un médecin, un bijoutier et un comédien) qui ont fait carrière en France.


Les combats des années 1990
Les mal-logés
Pendant les années quatre-vingt et quatre-vingt-dix, les conditions de travail et de logement des immigrés africains à Paris ne cessent d'empirer. C'est une population très touchée par le chômage ou qui occupe des emplois précaires dans le domaine de la sécurité, de la restauration, du bâtiment ou du nettoyage. Le prix élevé des loyers, la discrimination et le manque de logements sociaux ne laissent à beaucoup de familles d'autre choix que de vivre dans des squats, des hôtels meublés, des foyers ou des cités de transit, au départ censées être provisoires. Ces habitations mal entretenues se sont considérablement dégradées au fil des années. Il n'est pas rare de voir des familles nombreuses, parfois même polygames, vivre dans une seule pièce.

En réaction à ce problème, plusieurs associations vont mener des actions médiatisées au cours des années quatre-vingt-dix. En mai 1990, des dizaines de familles vont occuper le square de la place de la Réunion en protestation contre leur expulsion. Le documentaire Place de la Réunion (1992) revient sur cet événement. Puis en 1991, une centaine de familles, majoritairement africaines, victimes d'expulsion ou mal logées, s'installe dans des tentes, sur le site du chantier de la future Bibliothèque de France, quai de la Gare. On peut voir en partie cette installation dans Coup de gueule (1994), un documentaire consacré au scientifique et militant Albert Jacquard. Suivra en 1992 la mise en place d'un autre campement sur l'esplanade de Vincennes.

Au cours des années qui vont suivre, l'association "Droit au logement" réquisitionne des immeubles vides un peu partout dans Paris pour y installer des familles mal logées. Nombreux sont les documentaires à témoigner de ces actions, rue René-Coty (Coup de gueule), rue du Dragon (Le Dragon, droits devant !, 1995), dans le 8e arrondissement (Cherche avenir avec toit, 1997), le 18e (Occupation d'un immeuble, 1996), le 16e (Immeuble vide ne cherche pas de locataire, 1997) et le 12e (11 bd Soult, 1997).


Les sans-papiers
Nous, sans-papiers de France
L'autre mouvement important de lutte des immigrés est celui des sans-papiers. En 1986, suite aux lois Pasqua sur l'immigration, un charter expulsant cent un Maliens vers Bamako est affretté par le ministère de l'Intérieur. Ces nouvelles lois compliquent aussi les conditions d'accès des immigrés à la régularisation et beaucoup d'entre eux vont se retrouver dans des situations absurdes. Par exemple, certains immigrés, en situation régulière depuis plusieurs années, vont perdre leur statut alors qu'ils ont des enfants nés en France. En 1996, trois cents Africains réclamant une régularisation administrative occupent l'église Saint-Ambroise, puis l'église Saint-Bernard.

Ce mouvement va susciter une grande sympathie de la part de l'opinion publique et inspirer de nombreux documentaires. La ballade des sans-papiers (1996) suit au jour le jour leur lutte du début jusqu'à la prise d'assaut par les forces de police de l'église Saint-Bernard au matin du 24 août 1996, tandis que Sans-papiers (1996) décrit leur errance et leur lutte quotidienne. Dans le petit film Nous, sans-papiers de France (1997), Madjiguène Cissé, la porte-parole du mouvement, explique son combat et lance un appel de soutien aux Français. Le très beau court métrage Léonmali (1996) présente une vision originale du combat des Africains en situation irrégulière. Il donne la parole aux enfants du quartier de la Goutte d'or et à ceux dont les parents sans-papiers occupent l'église Saint-Bernard. Le documentaire militant D'une brousse à l'autre (1997) consacré à Dodo Wagué, un sans-papier, dénonce "une France ségrégationniste qui fait le jeu du Front National".

Si ces sans-papiers seront finalement tous régularisés, le mouvement de lutte continue aujourd'hui.


Le Paris métis d'aujourd'hui
L'explosion de la culture hip-hop
MC Solar 500 one
Les enfants issus des familles d'immigrés les plus précaires sont ceux qui rencontrent les plus grandes difficultés d'intégration, de scolarité, de manque de repères et de perspectives d'avenir. Il n'est hélas pas rare que les jeunes dans les situations de rupture les plus graves prennent le chemin de la délinquance.

Au cours des années quatre-vingt-dix, avec l'explosion de la culture hip-hop, cette génération va enfin voir son quotidien représenté et trouver de nouveaux modèles. La jeunesse va se réapproprier les codes de cette culture de la rue née dans les ghettos noirs américains. Le reportage Graf, rap, danse (1990) revient sur cette vogue du rap, du tag et de la danse et recueille les témoignages de jeunes quirevendiquent ces modes d'expression. Le mouvement hip-hop va rencontrer un immense succès et toucher un public très large. Parmi les artistes les plus populaires, NTM, Doc Gyneco, Ministère AMER ou MC Solaar qui, de tous, remporte le plus grand succès. Dans le reportage MC Solar 500 one (1993), ce dernier évoque son itinéraire de rappeur en paroles et en musique.


Une génération multiculturelle
Les enfants issus de l'immigration font partie d'une France multiculturelle. Contrairement à leurs parents, ils ont grandi aux côtés des communautés européenne, asiatique ou arabe et se sont bien plus mélangés qu'eux. Le réalisateur d'Au pays de citron (2002) pose un regard fasciné et complice sur la belle histoire d'amitié qui unit sa fille Mathilde à Ibrahima et Fatimatou, ses voisins guinéens dans le quartier de Belleville.

La génération d'enfants métis, qui n'a cessé de s'agrandir au fil des ans, commence à représenter une partie non négligeable de la population française. Métisse (1993), le premier film de Mathieu Kassovitz, a d'ailleurs pour héroïne Lola, une jolie métisse d'origine antillaise. La jeune femme a deux amants, un noir et un blanc. Elle tombe enceinte et ne sait pas lequel des deux est le père. Elle doit leur annoncer le même jour l'existence d'un rival et sa future maternité. Une comédie sympathique, reflet de son époque, qui célébre le métissage sur fond de musique rap.

L'un des événements sportifs les plus marquants de cette fin de siècle reste la victoire d'une équipe de France "black, blanc, beur" lors de la Coupe du monde de football de 1998. Malgré la longue énumération de stéréotypes raciaux du discours d'ouverture accompagnant le défilé des quatre géants, la clôture victorieuse des "Bleus" se tranforme en la célébration d'une France multiraciale sur l'avenue des Champs-Elysées. Un phénomène de courte durée qui, s'il atténue un moment les tensions raciales qui existent dans le pays, est loin de les changer en profondeur. Le Front National connaît tout de même, durant cette période, une certaine perte de vitesse.


XXIe siècle : vers une plus grande visibilité ?
Christiane Taubira, une aventure radicale
En 2002, deux candidats noirs se présentent aux élections présidentielles : le comédien franco-camerounais Dieudonné et la députée de Guyane Christiane Taubira, qui représente le Parti radical de gauche. Le documentaire Christiane Taubira, une aventure radicale (2002) dresse son portrait et la suit dans sa campagne. Lors de cette élection, le Front National enregistre un score historique et se retrouve au deuxième tour. Une situation révélatrice d'un grand malaise, dans une France en crise où l'on monte en épingle les problèmes d'insécurité. Il en résultera, le 1er mai 2002, une mobilisation sans précédent qui rassemblera plus d'un million de Parisiens. Jacques Chirac, seul adversaire de Le Pen, sera réélu président avec 82% des suffrages.

On constate toujours, en ce début de siècle, la faible représentation des Noirs, et des minorités en général, dans les médias. Même si les choses commencent à changer, il y a toujours assez peu d'acteurs noirs au cinéma et dans les séries télévisées. En revanche, quelques animateurs noirs commencent à apparaître sur le petit écran.

L'histoire des Noirs commence à être un peu mieux prise en compte par les pouvoirs publics puisque deux lieux qui lui sont dédiés vont ouvrir prochainement : le musée de l'Immigration, sur le site de l'ancien musée des Colonies de la porte Dorée, et le musée du Quai Branly qui comportera une collection "d'art primitif". Mais il n'est hélas pas encore prévu d'exhumer l'épisode enfoui de la période coloniale.


Etre noir à Paris
L'Afrance
Si le Paris noir a une longue histoire, il a aussi ses quartiers de prédilection, ses artistes favoris et une population très diversifiée.


Les quartiers noirs
Il n'y a jamais eu de ghetto noir à Paris. La communauté noire cohabite dans les quartiers les plus populaires de la capitale aux côtés d'autres populations (maghrébine, asiatique...). Elle est toutefois plus présente au nord-est de Paris dans des quartiers tels que Château d'Eau dans le Xe, réputé pour ses nombreux salons de coiffure africains, et principalement dans les XVIIIe, XIXe et XXe arrondissements.


La Goutte d'or
Black mic mac
Situé dans le XVIIIe arrondissement, le quartier de Chateau Rouge et de la Goutte d'or est le lieu de Paris où les Africains et les Antillais sont les plus nombreux. C'est le point de rencontre dans la capitale de ces communautés, dont un grand nombre est maintenant installé en banlieue. On y trouve beaucoup de boutiques exotiques, de magasins de tissus, de restaurants ou de coiffeurs "afros". C'est dans ce cadre que se déroule Black mic mac (1985), une comédie chaleureuse qui dresse un portrait plein d'humour de la communauté africaine de Paris. C'est aussi là que se trouve l'église Saint-Bernard qui fut le point central du mouvement des sans-papiers en 1996.

La Goutte d'or est un quartier sensible qui fut longtemps abandonné à l'insalubrité et envahi par la délinquance, la drogue, la prostitution. Il a été réhabilité depuis. Dans La Goutte d'or insolite (1990), un enfant noir fait visiter le quartier au chanteur Jacques Higelin. Il lui raconte son histoire et lui fait découvrir un endroit multiculturel où règne aussi une grande joie de vivre.


Belleville
Au carrefour des Xe, XIe, XIXe et XXe arrondissements, Belleville est un quartier où cohabitent l'Afrique et l'Asie. Situé entre l'hôpital Saint-Louis et le canal Saint-Martin, le quartier Sainte-Marthe et ses quelques rues constituent un îlot à part. Il est habité par une population cosmopolite, majoritairement africaine. Le quartier sert de décors à Mama Aloko (2001), un film artisanal produit, joué et mis en musique par le réalisateur béninois Jean Odoutan. C'est l'histoire de Mama Aloko, une Africaine qui tient un restaurant où se retrouvent quelques habitués pittoresques. Le film brosse un joyeux portrait de la vie du quartier.


Hommes et femmes
La femme blanche
L'immigration noire à Paris étant au départ principalement masculine, de nombreuses liaisons entre des hommes noirs et des femmes blanches se sont tissées. Un sujet abordé dans Un gosse de la butte (1963) qui relate l'histoire d'amour impossible de la patronne d'un bar-épicerie, mère d'un petit garçon, et d'un jeune homme noir. Un film sincère et tendre sur l'amitié et les problèmes de racisme qui offre un agréable portrait du Belleville populaire des années soixante.

Dans un registre plus léger, deux courts métrages traitent aussi du thème des relations interraciales. A nous deux France (1969) raconte les démêlés sentimentaux d'Africains à Paris. Un marivaudage plein d'humour et de fantaisie entre noirs et blancs, où défile une galerie de personnages caractérisés à l'extrême : une femme noire entretenue par un homme blanc, un couple mixte marié avec des problèmes d'argent et des femmes noires venues à Paris récupérer leurs hommes. Dans Les princes noirs de Saint-Germain-des-Prés (1975), un Africain impérial et oisif déambule dans le Quartier latin. Pendant ce temps, des Françaises se laissent séduire par de jeunes Africains, fascinées par l'exotisme de leurs récits, alors que ceux-ci ne songent qu'à leur argent. Une fiction franco-sénégalaise qui se moque des fantasmes et des clichés des occidentaux sur l'Afrique.


La femme africaine
Les mains dans le plat
Suite à la loi sur le regoupement familial, les épouses d'immigrés africains arrivent en France à partir de 1974. Souvent issues de villages et laissant derrière elles famille et amis, elles connaissent des débuts difficiles dans cette grande ville qu'est Paris. Elle s'occupent de la vie du foyer tandis que leurs maris travaillent. Ces femmes sont, toutefois, davantage en contact avec le monde extérieur que leurs époux : ce sont elles qui font les démarches administratives, côtoient les voisins et emmènent les enfants à l'école. Dans Les mains dans le plat (1993) deux Africaines, vivant à Montreuil et à Bagnolet, parlent de leur situation de femme. Elles évoquent, tout en faisant la cuisine, les relations qu'elles entretiennent avec leur mari, le chef de famille, et, pour l'une d'elles, avec les autres femmes de son époux.

Dans les familles polygames, les épouses cohabitent à plusieurs, parfois avec difficulté, sous le même toit. Un sujet traité dans le court métrage Seconde épouse (1992) où une jeune femme malienne, accompagnée de son petit garçon qui lui sert d'interprète, se rend à la poste, porte de Montreuil, pour toucher de l'argent envoyé par son mari. Mais le mandat est au nom de la première épouse... Par-delà l'imbroglio administratif, ce film exprime avec justesse et sobriété la condition d'unefemme africaine à Paris.


Les artistes noirs
Panorama
Ousmane Sow, le soleil en face
A partir des années soixante-dix, un intérêt nouveau pour la culture afro-antillaise va naître, faisant écho à l'engouement des années vingt pour "l'art nègre". Au cours des décennies qui vont suivre, Paris va attirer un nombre croissant d'artistes africains et antillais : des musiciens, des comédiens, des écrivains (Calixte Beyala, Patrick Chamoiseau, Ahmadou Kourouma), des créateurs (Mickael Kra, Xuly Bët) ou encore des sculpteurs (Amahigere Dolo ou Ousmane Sow, à qui le documentaire Ousmane Sow, le soleil en face est consacré).

Plusieurs documentaires présentent un panorama de ces acteurs de la culture noire dans la capitale. Black Paris (1981) dresse le portrait de musiciens, danseurs et chanteurs filmés dans leurs activités. Paris black night (1990) offre un voyage musical dans un Paris nocturne et tropical. Des interviews de noctambules appartenant à la communauté noire de Paris alternent avec des séquences tournées dans les boîtes de nuit ou les salles de spectacles à la mode.


Les musiciens
Les musiques africaine et antillaise, qui jusqu'alors ont été supplantées dans le coeur du public français par la musique afro-américaine, vont enfin connaître une véritable explosion. De nombreux musiciens africains (Manu Dibango, Mori Kante, Salif Keita, Touré Kounda, Youssou N'dour, Ray Lema, Kassav', Malavoi…) vont se produire sur les scènes parisiennes et y rencontrer un immense succès. Un certain nombre d'entre eux viendra d'ailleurs s'installer et travailler dans la capitale.

L'émission en deux parties Paris c'est l'Afrique (1989) est consacrée à des musiciens qui ont fait ce choix. La première partie recueille les témoignages d'artistes africains qui évoquent les raisons de leur venue dans la capitale, leurs espoirs et leurs déceptions. La deuxième partie donne la parole à des artistes qui explicitent le lien entre la culture africaine des griots et la musique africaine jouée à Paris. Rythmée par des extraits de concerts et des clips, Paris capitale de la world music (1990) est une enquête menée dans tous les lieux stratégiques et auprès des acteurs, musiciens, producteurs et journalistes de la scène musicale parisienne.


Les comédiens
Sotigui Kouyate, un griot moderne
Quelques acteurs noirs vont aussi connaître le succès. C'est le cas d'Isaach de Bankolé à la fin des années quatre-vingt, tête d'affiche des films Les keufs (1987) de Josiane Balasko, Black mic mac (1986) de Thomas Gilou ou encore S'en fout la mort (1990) de Claire Denis, aux côtés du comédien antillais Alex Descas, que l'on retrouve également dans J'ai pas sommeil (1994), de la même réalisatrice. Le comédien malien Sotigui Kouyate apparaît aussi dans de nombreux films, parmi lesquels Black mic mac ou Tombés du ciel (1994). Le documentaire Sotigui Kouyate, un griot moderne (1997) brosse le portrait de ce conteur et griot, installé à Paris, et l'accompagne à Bamako sur la terre de ses ancêtres.


Exil et retour au pays
Double culture
Les immigrés noirs les mieux intégrés ont souvent le sentiment d'être tiraillés entre deux cultures. C'est le cas du jeune professeur de philosophie ivoirien, héro du film de Jacques Champreux L'aventure ambiguë (1984). Il se retrouve confronté à une crise d'identité lorsqu'il retourne dans son village natal où il est tantôt considéré comme le "Parisien", tantôt comme le fils du chef du village. Un sentiment aussi éprouvé par une jeune Antillaise, mannequin à Paris, partagée dans Errances (1990) entre un retour au pays natal et un déracinement en terre d'exil. Sur un thème similaire, L'Afrance (2001) traite du dilemme d'un étudiant sénégalais qui se retrouve en situation irrégulière, déchiré entre l'envie de rester à Paris aux côtés de la femme qu'il aime et celle de retourner dans son pays, dont il doit participer au développement.


Désir de retour
L'Afrance
Les nombreux immigrés pour qui Paris n'est qu'un endroit de passage souffrent très fréquemment d'un fort sentiment de déracinement. Des étudiants ivoiriens expliquent dans le reportage D'Abidjan à Paris… pourquoi ? (1961) qu'ils ont mis du temps à s'adapter à la vie parisienne. Certains n'y arrivent tout simplement pas. Dans Concerto pour un exil (1967), une étudiante ivoirienne qui a le mal du pays réussit à convaincre son mari de rentrer en Afrique. Quant à Véronique, togolaise et "dame pipi" dans le métro parisien, elle raconte dans Togo blues (1995) que, même au bout de vingt années passées dans la capitale, elle ne parvient toujours pas à se faire à cette vie. Même difficultés d'adaption pour ces travailleurs maliens d'un foyer de Montreuil qui expriment, dans Destination retour (1988), leur désir de retourner au pays et leur besoin de garder un lien fort avec leur culture et leurs traditions en reconstituant l'ambiance de leur pays au sein du foyer.

A l'opposé, le court métrage Mon très cher frère (1995) donne le point de vue très différent d'un jeune Africain expliquant à un jeune Français que sa venue à Paris correspond à un besoin de s'éloigner de sa famille trop envahissante.


L'Afrique de passage à Paris
Petit à petit
Nombreux sont les films à montrer le point de vue extérieur d'Africains de passage à Paris, leur donnant ainsi l'occasion de poser un regard caustique sur la capitale et sur les moeurs de ses habitants. Petit à petit, la trilogie que Jean Rouch réalise en 1969, est un classique du genre. Lam et Damouré, deux Africains, viennent visiter Paris pour voir les "maisons à étages" afin d'en faire construire une au Niger. Au cours de leurs pérégrinations, ils enquêtent sur le mode de vie des Parisiens et font de nombreuses rencontres. A leur retour, ils se mettent au travail. Mais bientôt ils déchantent et quittent la société "petit à petit".

Le regard neuf de l'étranger souligne aussi les différences qui existent entre les cultures africaine et occidentale. Toubab bi (1991) oppose avec humour et poésie l'univers africain, nonchalant et chaleureux, au mode de vie trépidant de Paris, la grande ville corruptrice. Le film suit Soriba, un jeune Sénégalais en stage à Paris, qui part à la recherche de son ami d'enfance parti depuis sept ans sans donner de nouvelles à safamille. Dans Bouzie (1996), une paysanne ivoirienne, agée et malade, vient se faire soigner à Paris où elle est hébergée dans la famille de son fils. A travers cette histoire, le film illustre les conflits de générations et les modes de vie divergents de la ville et de la campagne.

Le plus récent Paris selon Moussa (2002) traite de la désillusion du nouvel arrivant. Moussa, un Guinéen, est envoyé à Paris pour acheter une nouvelle pompe à eau. Il y rencontre tous les déboires de l'immigré, vols, arnaques, contrôles policiers, petits boulots, et surtout découvre la difficile situation des sans-papiers en grève de la faim dans l'église Saint Médard.


Bibliographie
Le Paris des étrangers depuis 1945, Pierre Milza et Antoine Marès, Publications de la Sorbonne, 1995
Réfugiés et sans-papiers. La République face au droit d'asile XIXe-XXe siècles, Gérard Noiriel, Hachette Pluriel Référence, 1998
Le monde à Paris, Dominique Lesbros, Parigramme, 2002
Le Paris noir, Pascal Blanchard, Eric Deroo et Gilles Manceron, Hazan, 2002
"Acteurs noirs" , in Africultures, L'harmattan, avril 2000
En écho
Sur le site du Forum des images
Paris noir : une sélection de films

 

Le Paris de Jean Rouch, par Frédéric Sabouraud

 

Paris, jazz et cinéma

 

Paris arabe

 

Paris latino

 

La Russie

 

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février 2005
mise à jour 2 décembre 2008

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